
Il fut un temps où mener une étude client nécessitait des compétences spécifiques, des budgets conséquents et, bien souvent, le recours à un institut spécialisé.
Aujourd'hui, presque tout le monde peut s'y mettre.
Les plateformes d'enquête permettent de lancer un questionnaire en quelques minutes. Les équipes produit organisent elles-mêmes leurs tests utilisateurs. Les retours clients alimentent en continu des tableaux de bord mis à jour en temps réel.
Selon le rapport ESOMAR Global Users & Buyers of Insights 2025, près d'une étude sur deux est désormais réalisée entièrement en interne.
Une évolution qui soulève une question assez simple : si faire de la recherche n'a jamais été aussi facile, a-t-on encore besoin des professionnels des études ?
Le besoin de mieux comprendre les clients s'accroit (et c'est une bonne chose), mais les équipes insights commencent à ressentir la pression.
Plus d'une équipe sur deux a vu sa charge de travail augmenter l'an dernier, souvent sans moyens supplémentaires pour suivre le rythme.
Pour beaucoup d'organisations, la réponse passe par davantage d'automatisation.
Questionnaires standardisés, dashboards, synthèses générées par l'IA : les outils permettent aujourd'hui de produire plus d'études, plus vite, et à moindre coût.
Recueillir des données clients n'a jamais été aussi simple.
Les exploiter reste une autre histoire.
Le même rapport montre que 40% des professionnels des insights considèrent que leur principal défi est de transformer les données en recommandations concrètes et actionnables.
Autrement dit, les entreprises deviennent très bonnes pour collecter de l'information, un peu moins pour la transformer en décision.
Savoir qu'un utilisateur abandonne son panier ou qu'une fonctionnalité est peu utilisée est utile. Comprendre pourquoi il agit ainsi, et surtout ce qu'il faut faire ensuite, est une question bien plus complexe.
C'est précisément là que l'expertise des professionnels des études continue de faire la différence.
Les outils ont simplifié la collecte des données. Ils n'ont pas supprimé le besoin d'interprétation.
C'est particulièrement vrai dans les études UX et CX, où les comportements sont souvent influencés par des habitudes, des frustrations ou des attentes qui n'apparaissent dans aucun dashboard.
Un mauvais questionnaire produira de mauvaises réponses. Un test utilisateur non modéré permettra parfois d'identifier un problème sans jamais en expliquer la cause.
Mener une étude et savoir l'interpréter restent deux compétences différentes.
Probablement plus que jamais.
Leur rôle évolue, bien sûr. Moins centré sur la collecte ou le reporting, davantage sur l'interprétation, la mise en perspective et l'accompagnement des décisions.
Car au fond, la question n'est plus vraiment de savoir qui est capable de collecter des données clients.
La vraie question est de savoir qui est capable d'en faire quelque chose.
Tant mieux pour newton33, c'est précisément notre métier 🙂
Source :
ESOMAR Global Users & Buyers of Insights 2025 report